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Société Générale...L'affaire Kerviel (Read 231 times)
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Société Générale...L'affaire Kerviel
24.01.2008 at 10:26:16
 
Objet de rumeur récurrentes quant à l'inscription probable de nouvelles dépréciations dans ses comptes, la Société Générale a fait bien pire en révélant jeudi matin "une fraude exceptionnelle au sein d'une sous-division de ses activités de marché". Cette fraude a un impact négatif de 4.9 Milliards que le groupe a décidé de comptabiliser en 2007 dans son résultat avant impôt.

En conséquence, la banque annonce qu'elle devrait réaliser une résultat net pour l'exercice 2007 compris entre 0.6 et 0.8 Milliards d'euros, incluant la perte liée à cette fraude, des dépréciations complémentaires sur son portefeuille d'actifs liés à l'immobilier résidentiel américain en risque ainsi que des dépréciations liées aux risques de contrepartie monolines.

Maigre consolation, le groupe prévoit de verser une dividende au titre de l'exercice 2007 en ligne avec son objectif d'un taux de distribution de 45%.

Surtout, après cette fraude, et afin de renforcer ses fonds propres, Société Générale s'apprête à lancer une augmentation de capital de 5.5 Milliards d'euros avec droits préférentiels de souscription bénéficiant d'une prise ferme d'un syndicat bancaire.

L'action Société Générale est suspendue de cotations jeudi matin.
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« Last Edit: 17.07.2008 at 14:20:12 by FXMGM Admin »  

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Re: Valse à la Société Générale...
Reply #1 - 25.01.2008 at 14:08:23
 
Questions autour du trader de la Société Générale
Un accusé invisible, des dirigeants abasourdis, des experts sceptiques, trois plaintes déposées : le point sur une nébuleuse affaire.

La troisième banque française a expliqué qu'un de ses traders, travaillant à Paris au sein d'une sous-division de ses activités de marché, avait profité de sa connaissance "aussi intime que perverse des procédures de contrôle" pour "dissimuler ses positions". La fraude, qui creuse un trou de 4,9 milliards d'euros, est intervenue dans des activités, les dérivés actions, dont la Société Générale est le numéro un mondial incontesté et qui nécessite un contrôle sophistiqué des risques.

Cette annonce surprise en a éclipsé une autre, celle de dépréciations supplémentaires de 2 milliards d'euros liées à la crise des subprimes.

Où est le trader de la Société Générale ?

L'employé, Jérôme Kerviel, qui aurait reconnu les faits selon la banque, a été immédiatement mis à pied. Son avocate, Me Élisabeth Meyer, a assuré jeudi soir que son client "n'a pas pris la fuite". Ses motivations restent obscures . "Je ne sais pas où il est", avait auparavant déclaré le pdg de la Société Générale, Daniel Bouton.

Comment la banque a-t-elle perdu 5 milliards d'euros ?

Âgé de 31 ans, le courtier aurait construit, seul, "depuis son poste de travail, une entreprise dissimulée à l'intérieur de nos salles de marché", a expliqué Daniel Bouton, lors d'une conférence de presse, en présentant ses "excuses" aux actionnaires ( lire sa lettre ).
Depuis 2005, le trader travaillait sur une activité très classique, l'arbitrage sur indices boursiers via des contrats à terme. Utilisant l'expérience accumulée pendant ses cinq années passées auparavant dans des fonctions de support (back office et middle office), il aurait créé des positions fictives pour couvrir des prises de position à l'achat ou à la vente initiées sur le marché dans des proportions beaucoup plus importantes que les faibles limites qui lui étaient imposées, a expliqué Daniel Bouton. Parce qu'il connaissait parfaitement les procédures de contrôle, il est parvenu à faire évoluer ses positions fictives au fur et à mesure des contrôles, dont il connaissait le calendrier. Ces positions fictives auraient été mises en place courant 2007, mais n'auraient été découvertes qu'en fin de semaine passée, alors que le trader responsable, qui anticipait des hausses sur les indices boursiers européens, a été pris de court par leur forte baisse, début 2008.
Le pdg et son directeur général délégué Philippe Citerne ont renoncé à toucher leur salaire pendant "au moins" six mois. "Toutes les personnes de la ligne hiérarchique de supervision, jusqu'au patron mondial des actions" de la banque, soit "quatre ou cinq personnes" ont été renvoyées, a-t-il précisé.

Quelles conséquences judiciaires ?

Le parquet de Paris a été saisi après la plainte contre "X" pour "abus de confiance, escroquerie, faux, usage de faux" d'un petit porteur de la banque. Une enquête préliminaire de police a été confiée à la brigade financière. Par ailleurs, l'avocat et certains dirigeants de la Société Générale ont déposé une plainte auprès du parquet de Nanterre pour "faux en écritures de banque, usage de faux et intrusions informatiques". Cette plainte vise nommément Jérôme Kerviel. À cette occasion, les dirigeants de la banque ont remis au procureur Courroye la photographie, le domicile et une série de documents liés à la fraude dont la Société Générale se dit victime. L'Association des petits porteurs d'actifs (Appac), qui représente environ 150 actionnaires, a déposé une troisième plainte à Paris pour "diffusion de fausses informations ou trompeuses ayant agi sur le cours de Bourse des titres".
Deux parquets, Nanterre et Paris, sont en concurrence pour traiter l'enquête judiciaire.

Quelle responsabilité ?

Dans l'entourage du procureur de la République de Paris, on précise que le délit imputé à Jérôme Kerviel n'est pas automatiquement constitué. Le trader est payé pour acheter et vendre et le seul fait qu'il ait perdu, même des sommes importantes, ne le désigne pas comme coupable, estime-t-on.

"L'affaire Kerviel", un écran de fumée ?

Plusieurs experts émettent des doutes sur l'explication donnée par la Société Générale. "Le sentiment des salles de marchés, c'est qu'il n'est pas possible qu'un individu seul ait pu faire cela", a déclaré Élie Cohen, professeur d'économie à Science Po. "La société Générale aurait chargé la barque sur le thème de la fraude pour faire passer plusieurs mauvaises opérations de marché", a-t-il ajouté. Et notamment les dépréciations supplémentaires de 2 milliards d'euros liées à la crise des subprimes et annoncées au beau milieu de la révélation de "l'affaire Kerviel".
Interrogé vendredi matin sur France Inter, Jean-Paul Betbèze, chef économiste du Crédit agricole et membre du Conseil d'analyse économique, ne croit pas que l'on puisse constituer un tel écran de fumée. "Dans la banque dans laquelle je suis, je n'y crois pas du tout. Dans la banque dont vous parlez, je n'y crois pas davantage. Ma conviction est que ce n'est pas possible." Tout en exhortant les acteurs à ne pas céder à la panique, Jean-Paul Betbèze reconnaît : "Que nous ayons fabriqué dans le monde un système financier et des produits financiers que nous maîtrisons mal, ceci m'inquiète." De fait, d'après de nombreux observateurs du monde financier, mêmes les plus grandes banques ne sont pas à l'abri d'une violation de leurs systèmes de sécurité, si sophistiqués soient- ils.

Comment réagissent les politiques ?

Au forum de Davos, le Premier ministre François Fillon a reconnu une "affaire sérieuse" mais qui, selon lui, n'a rien à voir "avec la situation des marchés financiers". Argument également développé par Nicolas Sarkozy vendredi à son arrivée en Inde. Enfin, la ministre de l'Économie, Christine Lagarde, a annoncé qu'elle avait demandé à la Commission bancaire, l'organe de surveillance des banques, des "contrôles additionnels" sur les banques. La Commission a diligenté une enquête. "Comment se fait-il qu'en dépit des contrôles, aucune malversation n'ait été décelée ?", s'est-elle interrogée.

Quelles conséquences pour la banque ?

La Société générale sort évidemment très fragilisée. Conséquence immédiate : l a relance des spéculations sur une fusion avec une autre banque hexagonale comme la BNP, son éternelle rivale, ou de nombreuses banques européennes comme de fonds souverains de pays émergents.

Vendredi matin, dans les premiers échanges à la Bourse de Paris, l'action Société Générale retrouvait des couleurs. À 10 h 20, l'action prenait 2,31 % à 77,56 euros, au lendemain d'une baisse de 4,14 %.
M. Bouton a insisté sur le fait qu'en dépit de cette fraude et de la crise financière, le résultat net de la banque resterait positif en 2007, avec 600 à 800 millions d'euros. Une chute spectaculaire par rapport aux 5,2 milliards en 2006. "La Société Générale est tellement solide dans l'ensemble de ses composantes qu'au contraire de la banque Barings, au jour où nous annonçons la fraude, la situation financière de la banque est non seulement restaurée, mais elle est plus forte", a-t-il dit. Pour renforcer ses fonds propres, la SG va procéder à une augmentation de capital de 5,5 milliards d'euros dans les "jours qui viennent".

Le titre a perdu 23 % depuis le début de l'année et 42 % sur les six derniers mois. Le record précédent était détenu par Yasuo Hamanaka , qui avait fait perdre 2,6 milliards de dollars à son employeur en effectuant des transactions frauduleuses.



Procès de la Société Générale le 4 février
En 2006, la juge d'instruction Xavière Simeoni, du pôle financier de Paris, avait renvoyé en correctionnelle la Société générale et son pdg Daniel Bouton pour "blanchiment de capitaux" dans une autre affaire. Le procès doit s'ouvrir le 4 février au palais de justice de Paris.
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Re: Valse à la Société Générale...
Reply #2 - 25.01.2008 at 14:13:18
 
La Société Générale a annoncé avoir perdu 4,9 milliards d'euros à cause de l'un de ses traders. Si la somme est colossale, surtout pour un homme seul, ce n'est pas la première fois que ce genre d'affaires secoue les marchés.

La Société Générale a annoncé jeudi avoir perdu 4,9 milliards d'euros à cause de l'un de ses traders, nommé Jérôme Kerviel. Si la somme perdue est colossale, surtout pour un homme seul, ce n'est pas la première fois que ce genre d'affaires secoue les marchés.

L'affaire Barings

Le montant de ces pratiques frauduleuses est trois fois plus élevé que la somme qu'avait fait perdre Nick Leeson à la Barings en 1995, causant ainsi la ruine de la banque britannique. Nick Leeson, basé à Singapour, avait parié sur une hausse de l'indice de la Bourse de Tokyo, alors que celui-ci baissait, et il avait spéculé sur le prix du pétrole. Le trader de la plus ancienne banque d'affaires britannique avait accumulé 1,2 milliard de dollars de pertes, cachées sur un compte secret. La Barings avait alors été mise sous administration judiciaire en février 1995 et le coupable condarné à six ans et demi de prison. Libéré en 1999, Nick Leeson s'est inspiré de son histoire pour écrire Rogue Trader (Le Courtier ripou), adapté au cinéma.

L'affaire Calyon

Plus récemment, en septembre 2007, un courtier américain de la succursale new-yorkaise de Calyon, une banque de financement et d'investissements, filiale du Crédit Agricole, provoque un trou de 250 millions d'euros. En intervenant sur les marchés du crédit pour des montants anormalement élevés et en prenant des risques excessifs, le courtier avait agi sans autorisation et au-delà des limites définies par la banque.

L'affaire de l'Allied Irish Bank

En février 2002, la première banque irlandaise, l'Allied Irish Bank (AIB), révèle qu'un courtier a dissimulé 691 millions de dollars de pertes sur des opérations de change. John Rusnak, travaillant depuis sept ans à Allfirst, filiale américaine d'AIB à Baltimore (Maryland), a reconnu s'être engagé dans une série d'opérations de change fictives dans le but de couvrir les pertes qu'il avait subies au milieu des années 1990. En janvier 2003, le courtier est condarné à purger sept ans et demi de prison et à payer les pertes causées au groupe bancaire.

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Re: Valse à la Société Générale...
Reply #3 - 27.01.2008 at 11:02:03
 
Ca buzz dur cette affaire sur le net...
Quelques vidéos récapitulatives :
http://www.youtube.com/watch?v=OccDuY_2YzI
http://www.youtube.com/watch?v=ls4vkzNZAfM

Et voici une liste d'articles de presse :
http://www.echonimo.com/index.php?lang=fr&q=j%E9r%F4me+kerviel
http://www.leblogfinance.com/2008/01/james-bond-la-s.html

Jérôme Kerviel (portrait)
(afp) - Jérôme Kerviel, mis en cause par la Société Générale pour une perte colossale de près de 5 milliards d'euros, est décrit tour à tour comme un "génie informatique" ou un "être fragile".

"Celui par qui la plus grosse fraude de l'histoire bancaire est arrivé", "l'homme le plus recherché de France", "le trader fou"... Les surnoms abondent pour décrire ce courtier de 31 ans, dont la photo a déjà fait le tour du monde.

"La France a aussi son Nick Leeson", lit-on sur un forum internet, en référence au golden boy dont l'escroquerie réalisée dans les années 90 aux dépens de la banque Barings avait conduit l'établissement britannique à la ruine.

En moins de 24 heures, blogs, forums et faux profils ont fleuri sur internet, faisant du jeune courtier une célébrité malgré lui.

Brun, cheveux courts, traits fins, regard sérieux sur l'unique photo qui circule, Jérôme Kerviel, que Daniel Bouton, PDG de la Société Générale a qualifié d'"escroc", de "fraudeur", ou de "terroriste", passait pourtant jusqu'ici pour un jeune homme discret.

"Si c'est un génie, on ne l'avait pas repéré", a déclaré à l'AFP le responsable du Master Finance de l'université Lyon 2, où il avait obtenu une mention "assez bien" en master d'opérations de marché.

Né le 11 janvier 1977, originaire de Bretagne, il était entré à la Société Générale en août 2000 au sein de la division banque d'investissement et de financement (SG CIB).

D'abord employé dans le "middle office", où il a acquis la connaissance "aussi intime que perverse" des procédures de contrôle de la banque, selon Jean-Pierre Mustier, le patron de SG CIB, il est passé en 2005 côté "front office", où il était chargé de "prendre des positions" sur des indices de contrats à terme.

Sa rémunération n'excédait alors pas 100.000 euros, une peccadille par rapport aux sommes faramineuses empochées par certains traders.

Evoquant son cas auprès des syndicats, la direction des ressources humaines a parlé d'"un être fragile", "sans génie particulier", traversant des "difficultés familiales".

A Pont-L'Abbé, sa ville d'origine, les habitants ne tarissaient pas, vendredi, d'éloges sur lui: travailleur, sérieux, sans histoire, intelligent, "il a dû être manipulé", a confié l'une de ses tantes à l'AFP.

Passionné de judo et de voile, selon le CV que l'AFP s'est procuré, le jeune homme aurait habité un immeuble de Neuilly-sur-Seine, proche de la Défense, où personne ne semblait pourtant le connaître vendredi.

Au rez-de-chaussée, une habitante de l'immeuble depuis trente ans, dit savoir juste "qu'il vivait là", pointant du doigt une étiquette collée sur une boîte aux lettres.

17:25 - 25/01/2008
Copyright © L'Echo


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Re: Valse à la Société Générale...
Reply #4 - 27.01.2008 at 11:13:40
 
La Société Générale a-t-elle influencé la Fed ? (presse)

Certains analystes, relayés dans la presse américaine, suggèrent que les volumes élevés de ventes par la Société Générale lundi, qui liquidait secrètement les positions prises par son courtier Jérôme Kerviel, ont contribué à la chute globale des marchés d'actions.

(l'echo) - La Fed a-elle été influencée par le situation de la Société Générale ? C'est la question que se pose une partie de la presse américaine ce vendredi, au lendemain de la découverte de la plus importante fraude de l'histoire des finances, soit 4,9 milliards d'euros détournés par le trader de la Société Générale Jérôme Kerviel.

"Certains analystes suggèrent que les volumes élevés de ventes par la Société Générale lundi, qui liquidait secrètement les positions prises par son courtier Jérôme Kerviel, ont contribué à la chute globale des marchés d'actions qui a conduit la Fed a réagir mardi", peut-on lire dans le Washington Post.

"La Fed a-t-elle été piégée ?", se demande l'éditorialiste David Gaffen, dans un blog publié par le Wall Street Journal. Il dit voir la décision de la Fed " sous un jour nouveau avec le recul sur les ventes de la Société Générale lundi". "Ce n'est pas pour dire que les opérations de la Société Générale ont provoqué les remous sur les marchés lundi et mardi, mais elles y ont certainement contribué ", explique-t-il.

Pour rappel, la Fed a décidé ce jour-là, par surprise, de baisser son principal taux directeur à 3,50%, justifiant cette mesure par la situation des marchés et les risques pesant sur la croissance.
(c) - L'Echo


Le trader a acheté 140.000 contrats en Allemagne (presse)
(afp) - Le trader français Jérôme Kerviel, désigné comme responsable de 4,9 milliards de pertes de la banque Société Générale, avait acheté 140.000 contrats sur l'indice-vedette DAX en Allemagne, affirme samedi le site internet de l'hebdomadaire Spiegel, Spiegel-Online.

Ces contrats ont été négociés selon le Spiegel "il y a quelques semaines" sur le marché dérivé Eurex, qui est une filiale suisse de l'opérateur allemand Deutsche Börse.

"Si l'on admet que Kerviel est entré sur le marché quand le DAX était au-dessus de 8.000 points, la bourse devait alors créditer chaque jour 25 euros par contrat sur le compte de la Société Générale pour chaque point gagné. A l'inverse, pour chaque point perdu sous les 8.000, la bourse récupérait 25 euros" de la banque française, écrit le Spiegel.

"Or le DAX a perdu 600 points entre le début de l'année et le 18 janvier - et Kerviel probablement autour de 2 milliards d'euros", estiment des experts cités par le site internet.
Il ajoute que "les chefs de la banque parisienne ont reçu d'Allemagne les signaux d'alerte" sur ces pertes colossales.

Le DAX, indice des trente valeurs vedettes de la bourse de Francfort, a clôturé vendredi à 6.816,74 points.

Au 2 janvier, il était repassé sous les 8.000 points (à 7.949,11) et avait clôturé au 18 janvier à 7.314,23 points, soit plus de 600 points plus bas.

La Société Générale a stupéfié le monde de la finance en annonçant jeudi des pertes de 7 milliards d'euros, dont 2 milliards liés à la crise des "subprime" aux Etats-Unis et surtout 4,9 milliards de pertes provoquées par un trader isolé.

Celui-ci aurait réussi à déjouer l'ensemble des systèmes de contrôle de la banque pour dissimuler des transactions portant sur plusieurs dizaines de milliards d'euros.

Ce trader de 31 ans, Jérôme Kerviel, employé par la banque depuis 2000, a été désigné comme l'unique responsable de cette "fraude", la plus grosse de ce type dans l'histoire de la finance mondiale.

La Société Générale n'a pas provoqué la tempête boursière, mais l'a amplifiée
(afp) - La Société Générale n'a pas fait plonger les Bourses mondiales à elle seule, en début de semaine, mais elle a aggravé la panique des investisseurs en "débouclant" à la hâte un volume exceptionnel de positions sur les marchés à terme, selon des spécialistes.

La banque française a annoncé jeudi avoir perdu 4,9 milliards d'euros en liquidant "en trois jours" les positions prises par l'un de ses courtiers dans les dérivés actions, un segment de marché dont la Société Générale est le numéro un mondial.

"Quand il faut déboucler des positions qui font perdre près de 5 milliards d'euros, cela veut dire que vous avez 10 ou 15 fois plus en volume à vendre", soit 50 à 75 milliards d'euros placés sur les marchés à terme, a expliqué à l'AFP un vendeur d'actions parisien.

Ce montant, jugé "tout à fait plausible" par plusieurs opérateurs, représente "plus d'un million de contrats sur l'indice Eurostoxx soit, à lui seul, le volume d'une séance standard!", calcule Lionel Jardin, de Global Equities.

Pour ce spécialiste des marchés à terme, "on comprend enfin pourquoi on a vu les volumes d'échanges atteindre des niveaux record cette semaine, plus du double des volumes habituels, avec des mouvements d'une grande violence qui ont accru la fébrilité".

Les investisseurs, déjà inquiets des craintes de récession aux Etats-Unis et des embardées de Wall Street la semaine précédente, "ont d'abord cherché des explications à cet afflux d'ordres, sans en trouver", avant d'amplifier la baisse à leur tour, poursuit Lionel Jardin.

Pour Frédéric Rozier, de Meeschaert, la Société Générale "aurait même pu provoquer un véritable krach", en créant "une pression à la vente beaucoup trop forte" si la banque "avait agi en un seul jour en tentant de limiter ses pertes".

A la différence d'une partie de la presse anglo-saxonne, aucun spécialiste n'estime cependant que l'opération a provoqué la chute des Bourses, et encore moins qu'elle a influencé l'abaissement spectaculaire des taux de la Réserve fédérale américaine (Fed).

Certes, la Fed était sans doute au courant des difficultés de la Société Générale, le gouverneur de la Banque de France Christian Noyer ayant indiqué que "toute l'information (avait) été donnée" à ses homologues internationaux, "quand c'était opportun".

"Mais relier les deux relève du pur fantasme", estime Frédéric Rozier.

Toutefois, le gérant de Meeschaert s'interroge sur les rumeurs de marché "évoquant des pertes colossales, de l'ordre de 40 milliards d'euros", qui avaient précédé l'opération de la Société Générale et fait plonger le titre dès le vendredi 18 janvier.

Cette dégringolade s'était accompagnée d'une explosion des volumes: entre 10,8 et 12 millions d'euros d'actions Société Générale ont été échangées quotidiennement entre le 18 et le 23 janvier, contre un peu plus de 4 millions d'euros le jeudi 17 janvier et les jours précédents.
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Re: Valse à la Société Générale...
Reply #5 - 28.01.2008 at 10:53:24
 
Jérôme Kerviel ou l'itinéraire d'un trader presque ordinaire
(LE MONDE | 28.01.08 | 08h53)

Il ne l'avait sans doute pas fait exprès. Mais jusqu'à il y a peu, Jérôme Kerviel, 31 ans, l'auteur présumé de la fraude la plus colossale de l'histoire bancaire, louait à Neuilly-sur-Seine (Hauts-de-Seine) un propret 50 m2 juste au-dessus d'une boutique de produits bon marché au nom étrangement prémonitoire : La Descente aux affaires.

Une adresse coquette, sous les toits, avec en ligne de mire les buildings du quartier d'affaires de la Défense où il travaillait depuis huit ans. Un détail il est vrai, rare aspérité d'un parcours étonnamment lisse et classique, semblable à bon nombre d'autres aspirants traders.

Les passants en sourient. La Société générale moins. Car ses dirigeants s'interrogent toujours sur ce qui a bien pu pousser un de leurs salariés à déjouer les systèmes de sécurité. Et causer une perte de 4,9 milliards d'euros.

Avant de travailler, dix heures par jour, rivé à ses quatre écrans et ses deux téléphones, au sixième étage du building de la banque, c'est au grand air de l'Atlantique que Jérôme Kerviel a grandi. A Pont-l'Abbé (Finistère), 8 000 habitants. Bien loin de la grouillante salle des "dérivés actions", la plus prestigieuse des six salles de marché de la Société générale.

Dans cette petite ville, sa mère tient un salon de coiffure, Chez Marie-Jo. Le père, Charles, est artisan forgeron. Avec le frère aîné, Olivier, aujourd'hui responsable d'une agence de trekking au Népal, les Kerviel forment une famille soudée, aisée, sont catholiques pratiquants. Les deux garçons sont inscrits au club de football, pratiquent la voile.

"UN CHEF DE GROUPE"

De ses années d'enfance, ses amis de l'époque retiennent surtout de Jérôme son côté bon vivant, adepte des bonnes blagues, accessoirement gardien de but de l'équipe poussin locale, puis capitaine et ceinture marron de judo.

A l'adolescence, Jérôme Kerviel est un peu grassouillet. "On le surnommait le quintal mais il n'était pas un souffre-douleur", assure Antony, un de ses amis d'enfance. "Il avait les épaules larges au sens propre comme au figuré. C'était un personnage. De par sa stature, sa culture", note Antony, qui le décrit comme "un leader, un chef de groupe". Et d'ajouter : "C'était quelqu'un que l'on écoutait, il avait de l'influence. Il était plus mûr que nous."

Jérôme Kerviel découvre l'économie au lycée, il choisit la filière ES. Bon orateur, meilleur de sa classe en mathématiques à Pont-l'Abbé, il finit premier de sa promotion de première année de DEUG de sciences économiques, à l'université de Quimper.

Chez les parents Kerviel, l'esprit d'entreprise est quelque chose qu'on transmet. La réussite financière, une fierté. Aussi Jérôme Kerviel affiche-t-il des idées libérales. Dévore l'œuvre d'Adam Smith. Et ses études finies, s'inscrit sur la liste RPR de Pont-l'Abbé.

Pas de failles, rien vraiment, dans le parcours de Jérôme Kerviel qui puisse éclairer son geste à la Société générale ? A l'université Lyon-II, d'où il est sorti diplômé, en 2000, après un an de DESS, on a très peu de souvenirs. "Si c'était un génie, on ne l'avait pas repéré", s'excuse Dominique Chabert, responsable de la formation. M. Kerviel en est sorti avec la "mention assez bien" et un stage de six mois chez BNP Arbitrage.

Dans le jargon de la finance, le DESS lyonnais forme des "soutiers". Scribes discrets, chargés de vérifier les opérations des traders. "Pour ceux que nous formons, c'est un peu le fantasme d'aller jouer avec les traders. Il y en a toujours qui sont un peu m'as-tu-vu et qui en rêvent secrètement, raconte Valérie Buthion, professeur. Reste que s'il avait fallu faire des paris sur ceux qui allaient mal tourner, M. Kerviel n'aurait pas été dans la liste."

"TOM CRUISE"

Et pourtant. Son diplôme en poche, Jérôme Kerviel obtient illico une embauche à la Société générale. Et après cinq ans à tourner dans les différents "middle offices", les services chargés d'assister les traders, il accède enfin à son rêve : devenir trader. Entre-temps, il s'est affiné. Est devenu beau garçon. Au point que ses amis le surnomment "Tom Cruise".

Les années suivantes sont plus opaques. En 2006, son père, qui souffrait de problèmes respiratoires, décède à l'âge de 70 ans. Son épouse, Marie-José, avait pris sa retraite quelques années plus tôt pour s'occuper de lui. Parallèlement, M. Kerviel dont les camarades ne lui connaissent pas beaucoup de conquêtes, aurait rencontré une jeune femme. Mais récemment, ils se seraient séparés. "C'était un solitaire, très attrayant sur le plan physique, toujours très élégant. Mais il était toujours seul. Je l'ai toujours vu seul", raconte une agent immobilière voisine de son domicile.

M. Kerviel n'avait pas pris de vacances depuis huit mois. "C'était un type étrange. (…) Quand il quittait son desk, il ne permettait pas aux collègues de prendre ses positions, comme cela se fait généralement", raconte un ex-collègue.

Ces derniers temps, les syndicats s'inquiétaient de l'énorme serre sous pression qu'est le trading à Société générale. La tante de M. Kerviel, Sylviane Le Goff, raconte que depuis un an, "il était très stressé. Il aurait dû partir il y a deux, trois ans. Là on lui avait donné trop de responsabilités". Récemment, d'après le Sunday Times, comme l'atteste son CV en anglais, M. Kerviel cherchait un travail à la City.

Quelques pièces audios sur Europe 1 : http://www.europe1.fr/informations/articles/793016/un-trader-deleste-la-socie...
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Re: Valse à la Société Générale...
Reply #6 - 28.01.2008 at 11:07:21
 
Société Générale : les avocats de Jérôme Kerviel contre-attaquent
France Info - Hier, 19:33

Alors que le courtier de la Société Générale est toujours en garde à vue, ses avocats sortent de leur silence. Et accusent la banque d’avoir élevé un écran de fumée pour détourner l’attention du public d’autres pertes.

Il “n’a commis aucune malhonnêteté”, il “n’a pas détourné un seul centime”, il “n’a profité d’aucune manière des biens de la banque”. Ce sont les avocats de Jérôme Kerviel qui le disent, haut et fort. Leur client est toujours en garde à vue, dans les locaux de la brigade financière, à Paris.

Depuis que le scandale a éclaté, jeudi, la seule parole que l’on ait effectivement entendue, c’est celle de la Société Générale. Daniel Bouton a traité le courtier d’“escroc” et de “terroriste”.
Aujourd’hui encore, la banque a révélé, dans un communiqué, que le courtier avait pris des positions frauduleuses pour beaucoup plus d’argent. “La position frauduleuse découverte le dimanche 20 janvier s’élève à environ 50 milliards d’euros de nominal équivalent. La position a été débouclée en trois jours”, ce qui a abouti à la perte que l’on connaît : 4,9 milliards d’euros.
Autre précision, toujours communiquée par la Société Générale : le trader avait commencé “fin 2006, début 2007, sur de toutes petites transactions, et a développé ce savoir-faire de fraude pour pouvoir aboutir à la mise en place, début janvier 2008, de cette énorme transaction de 30 milliards d’euros équivalents sur l’Eurostock, 18 milliards sur le Dax et 2 milliards sur le Footsie” — les bourses européennes.

Voici donc le contrepoint. Et il est cinglant.
Les avocats de Jérôme Kerviel estiment que la Société Générale veut “élever un écran de fumée qui détournerait l’attention du public de pertes beaucoup plus substantielles qu’elle a accumulées ces derniers mois, notamment dans l’invraisemblable équipée des subprimes”
Ils dénoncent en fait “les conditions volontairement précipitées et tout à fait anormales” dans lesquelles la banque “a liquidé des positions (50 milliards d’euros, ndlr) qui auraient pu se redresser avec le temps”". Conclusion sans appel : la banque “a ainsi provoqué elle-même des pertes de près de 4,5 milliards d’euros.”
Les positions prises par Jérôme Kerviel avaient permis au 31 décembre 2007 de faire gagner potentiellement à la Société générale 1,5 milliard d’euros, selon l’avocat. Ce n’est qu’en prenant ensuite des options concernant l’indice Dax de la Bourse de Francfort que les positions seraient passées dans le rouge et la Société générale aurait fait preuve de précipitation en liquidant ses positions.

Voilà qui éclaire en tout cas sous un nouveau jour toute cette affaire... Seule l’enquête, au final, permettra d’y voir clair. Une enquête “extrêmement fructueuse” disait hier en milieu d’après-midi le chef de la section financière du parquet de Paris.

La garde à vue de Jérôme Kerviel, entamée samedi après-midi, doit s’achever aujourd’hui. Il sera soit remis en liberté, soit présenté au parquet de Paris, qui pourrait alors ouvrir une information judiciaire et transmettre le dossier à un juge d’instruction en vue de sa mise en examen.

Au contraire, Christine Lagarde a estimé ce matin sur France 2 qu’il n’y avait aucune raison de croire que la thèse défendue par la Société Générale soit erronée : "Il n’y a aucune raison de penser à ce stade qu’il y ait autre chose que ce qu’il y a eu, un seul trader". "La question qui se pose aujourd’hui, c’est +que faire pour éviter que ça se reproduise ?+", selon la ministre de l’Economie, qui remettra d’ici vendredi à François Fillon le rapport qu’il lui a demandé sur cette fraude
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Re: Valse à la Société Générale...
Reply #7 - 28.01.2008 at 11:08:40
 
Banques : colosses aux pieds d’argile...
Emmanuel Kessler - 08:54

La Société Générale a-t-elle tout dit ? Hier les avocats du trader Jérôme Kerviel ont contre attaqué en accusant la banque de dresser un écran de fumée sur des pertes accumulées ces derniers mois avec la crise des subprime ? Les responsables de la banque ont détaillé ce week-end leur version des faits. Quelles sont ce matin les grandes zones d’ombre qui subsistent ?

Pour l’essentiel, il y a deux grandes questions qui pèsent sur la crédibilité de la Société Générale et qui, par ricochet, inquiètent sur le fonctionnement du monde financier. D’abord celle de l’information : est-il normal que le gouvernement n’ait été prévenu que très tardivement – une fois la perte constatée - d’une catastrophe touchant un des tous premiers groupes bancaire français ? Est-il possible, comme c’est dit ici et là, que la Réserve fédérale américaine n’ait pas été prévenue d’un mouvement anormal de marché par sa collègue européenne, la BCE ? La seconde interrogation concerne la thèse du « trader isolé ». Hier un dirigeant de la banque, tout en la maintenant, a du concéder un doute. Tous les spécialistes des marchés financiers soulignent qu’un courtier ne peut engager à lui tout seul 50 milliards sur les marchés. Ils estiment très probable qu’il ait bénéficié de complicités, au moins dans les derniers moments. Ce qui est sur, c’est que si un seul professionnel peut mettre en péril tout un édifice bancaire, en déjouant les procédures sur l’une des ses activités phares, il la révèle comme un colosse aux pieds d’argiles.

Tout ça concerne les 5 milliards d’euros liés à la fraude, mais il y a aussi les deux milliards de perte reconnus en même temps sur les subprime. Est-ce que ça n’affaiblit pas aussi lourdement sur la Société Générale ?

Vous avez raison. Une affaire ne doit pas en cacher une autre. La Société Générale est la première à afficher des pertes aussi importantes sur ses engagements liés aux prêts immobiliers américains à risque. Mais on est en train de s’apercevoir que les banques françaises en général sont beaucoup plus exposées qu’on ne l’avait cru au départ à ce virus qui s’est répandu dans toute la finance mondiale. BNP Paribas va donner dès cette semaine des premiers « résultats estimés ». Aucun établissement ne serait finalement épargné ce qui tend à prouver que les établissements ont soit retardé la publication de mauvaises nouvelles, soit qu’ils n’ont pas su mesurer leurs engagements sur les « subprime ». On est face au syndrome du nuage de Tchernobyl, censé s’arrêter à nos frontières. Dans tous les cas, c’est la confiance dans le système bancaire français qui s’érode. Il y a 5 ans, un rapport du Medef formulait des propositions pour plus de transparence dans le gouvernement des entreprises. On y lisait par exemple : « Il n’y a pas de système libéral sans confiance dans les règles de droit et leur application ». L’auteur du rapport : Daniel Bouton, président de la Société Générale.
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Re: Valse à la Société Générale...
Reply #8 - 28.01.2008 at 11:12:13
 
Liste des plus grosses pertes en Trading :
http://en.wikipedia.org/wiki/List_of_Trading_Losses
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Re: Valse à la Société Générale...
Reply #9 - 28.01.2008 at 13:28:15
 
DEMANDE DE PLACEMENT EN DÉTENTION PROVISOIRE DE JÉRÔME KERVIEL
Mandat de dépôt requis contre le trader de la Société Générale

PARIS (Reuters) - Le parquet de Paris a ouvert lundi une information judiciaire contre Jérôme Kerviel, le jeune trader que la Société générale rend responsable d'une perte record de 4,9 milliards, et demande son placement en détention provisoire, a annoncé le procureur Jean-Claude Marin.

Saisi de deux plaintes, de la banque et d'un petit porteur, le parquet retient les charges de "tentative d'escroquerie, abus de confiance aggravé, faux et usage de faux, introduction dans un système de traitement automatisé de données".

Ces délits cumulés sont passibles de sept ans de prison.

Le procureur dit vouloir envoyer le suspect en prison pour le protéger d'éventuelles pressions et pour éviter en outre que soient exercées des pressions sur les témoins et les personnes informées de l'affaire qui a éclaté jeudi dernier.

A l'issue de deux jours de garde à vue à la brigade financière, Jérôme Kerviel, 31 ans, a été transféré au pôle financier, où il devait être présenté dans la journée à un ou plusieurs juges d'instruction, en vue de sa mise en examen.

Le magistrat peut, après lui avoir notifié les charges, soit le libérer sous contrôle judiciaire, soit le présenter à un juge des libertés qui statuera sur son éventuelle incarcération.

Selon le procureur, Jean-Claude Marin, Jérôme Kerviel a reconnu avoir agi seul et pris des positions financières sur les marchés au-delà des autorisations de son employeur.

Il a dit avoir dissimulé ses agissements par de faux courriels, avoir usurpé des codes informatiques pour agir, et ce depuis le fin 2005. Cependant, le jeune homme assure n'avoir pas commis de malveillance.

"Ce qui ressort des mots de M. Kerviel, c'est qu'il n'a pas agi pour son profit direct et personnel. Il a agi comme un trader, dépassant certes les autorisations, mais pas pour spolier la banque par des opérations frauduleuses", a expliqué le magistrat.

"Il espérait apparaître comme un trader d'exception, un anticipateur de marchés, il voulait concrétiser les sentiments qu'il avait sur le marché", a-t-il ajouté. Il escomptait en outre percevoir des primes sur les résultats réalisés, ce qui fonde l'incrimination de "tentative d'escroquerie".

Jérôme Kerviel a dit à la police que d'autres traders de la Société générale "avaient agi de la même manière que lui en terme de dépassement d'autorisation".

50 MILLIARDS D'EUROS

Par ailleurs, en novembre 2007, une alerte est parvenue de l'étranger à la Société générale sur une position risquée prise par Jérôme Kerviel. Ce dernier a été interrogé par la banque, mais il s'en est sorti en produisant un faux, a expliqué le procureur.

Dans une note explicative envoyée à la presse dimanche, la Société générale dit qu'une mise de l'ordre de 50 milliards d'euros - l'équivalent du PIB du Maroc ou de près de quatre fois le déficit annuel de la Sécurité sociale - sur des produits liés à des indices boursiers a provoqué la perte.

Selon la banque, il a dissimulé ses actions par des opérations fictives, usurpé des codes d'accès informatiques, falsifié des documents et déjoué les contrôles par des manoeuvres.

Jérôme Kerviel a opéré sur des contrats à terme liés à des indices boursiers européens, sur lesquels les banques spéculent de manière ordinaire à la hausse ou à la baisse, voire les deux à la fois, pour couvrir les faits.

Selon son avocat Christian Charrière-Bournazel, qui nie toute fraude, les positions prises par le trader avaient virtuellement fait gagner 1,5 milliard d'euros à la banque au 31 décembre 2007. Le procureur a confirmé ce chiffre lors de sa conférence de presse.

L'avocat souligne que la Société générale a matérialisé la perte en décidant de liquider les positions prises en début de semaine dernière, alors que les marchés venaient de chuter. C'était précipité, dit l'avocat, car les marchés sont ensuite repartis à la hausse.

Le procureur a indiqué que contrairement à ce qui a été indiqué, cette opération de liquidation n'a pas alimenté la chute des marchés européens. "Ce n'est pas significatif, il n'y a pas d'élément là-dessus", a-t-il dit.

Pour l'avocat, "la banque a liquidé ses positions dans des conditions atroces, c'est donc elle qui est responsable".

Le fait de mettre en cause le trader publiquement est à ses yeux "un scandale" et constitue un "lynchage". Me Charrière-Bournazel a annoncé qu'il avait l'intention de demander au juge d'instruction l'audition de tous les responsables de la banque.

Thierry Lévêque et Sudip Kar-Gupta
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Re: Valse à la Société Générale...
Reply #10 - 28.01.2008 at 14:04:37
 
La Société générale, maillon faible de son secteur

La manière dont la Société générale a réussi à perdre 5 milliards d'euros en une seule année, certes difficile, reste un mystère. L'excuse du courtier isolé est un peu courte. Les dirigeants de la banque, et en premier lieu son président, Daniel Bouton, devraient trouver des explications plus convaincantes sur ce qui s'est passé et préciser quand, pourquoi, et quelles mesures ils envisagent de prendre pour modifier leurs procédures et leur culture du risque.


M. Bouton a vite présenté sa démission, que le conseil d'administration de la Société générale a refusé avec la même célérité. Cela n'a de sens que si ce conseil souhaite simplement que le responsable des dégâts soit au moins chargé de les réparer.

En attendant, la banque, qui doit en outre supporter 2 milliards d'euros de dépréciations d'actifs liés à la crise des subprimes, va lancer une augmentation de capital de 5,5 milliards pour renforcer son bilan affaibli. Cette émission doit être garantie par les banques américaines JP Morgan et Morgan Stanley, signatures sans lesquelles il est probable que cette opération aurait rencontré un succès moindre que celui obtenu lors de l'augmentation de capital de 2,4 milliards lancée à la fin de 2006.

Même avant la crise financière actuelle, la Société générale avait un profil original dans le paysage bancaire européen : trop petite pour être un prédateur crédible, trop grande pour être une proie facile. M. Bouton a laissé passer plusieurs occasions de fusionner avec de plus gros rivaux, donnant l'impression que sa banque ignorait l'actuelle consolidation bancaire à l'oeuvre en Europe.

La situation a peut-être changé. Avant ses plus récents problèmes, la Société générale avait déjà perdu plus de la moitié de sa valeur en Bourse depuis ses sommets de mai 2007. Elle fait désormais face à un avenir incertain. Beaucoup de temps et d'énergie devront être dépensés dans le simple but de restaurer une crédibilité perdue.

Ses différentes activités sont encore prospères. Toutefois, la Société générale subira, comme d'autres, l'impact du ralentissement économique. La fraude massive dont elle vient d'être victime semble aussi révéler l'existence de faiblesses en interne. L'époque semble idéale pour que quelques-uns de ses concurrents s'entendent pour mettre la main sur ce maillon faible de l'industrie bancaire européenne.
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Re: Valse à la Société Générale...
Reply #11 - 28.01.2008 at 14:11:10
 
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Re: Valse à la Société Générale...
Reply #12 - 29.01.2008 at 09:36:42
 
Jérôme Kerviel mis en examen mais libre

Aux paragraphes 7 et 8 : bien lire liberté sous contrôle judiciaire et non liberté conditionnelle

PARIS (Reuters) - Jérôme Kerviel, le trader que la Société générale rend responsable d'une perte record de 4,9 milliards d'euros, a été mis en examen lundi soir, mais laissé en liberté sous contrôle judiciaire sans que l'accusation d'escroquerie soit retenue contre lui.

Le jeune homme de 31 ans, présenté aux juges Renaud Van Ruymbeke et Françoise Desset, est poursuivi pour "abus de confiance, faux et usage de faux, introduction dans un système de traitement automatisé de données".

Après une courte audition, les juges ont toutefois abandonné l'incrimination de tentative d'escroquerie que le parquet souhaitait retenir.

Contre l'avis du parquet qui demandait son placement en détention provisoire, en évoquant des risques de "pressions" et la nécessité de protéger le suspect, les juges ont ordonné sa remise en liberté sous contrôle judiciaire.

"C'est une grande victoire, mais ça n'est que justice", a déclaré son avocate, Me Elizabeth Meyer.

"Les magistrats n'ont pas suivi le parquet qui, manifestement, demandait trop de choses. Les juges ont décidé qu'il n'y avait pas matière à détention provisoire. Ils n'ont fait qu'appliquer la loi", a estimé de son côté Me Christian Charrière-Bournazel, l'autre conseil de Jérôme Kerviel.

Ce dernier a quitté discrètement le pôle financier sans que les journalistes puissent l'interroger. Aux termes de son contrôle judiciaire, il a dû remettre son passeport aux autorités judiciaires.

Le parquet a fait savoir qu'il allait faire appel de la mise en liberté sous contrôle judiciaire de Jérôme Kerviel. La chambre de l'instruction devra statuer dans les jours qui viennent sur cette demande du procureur.

L'abus de confiance retenu finalement contre le suspect - qui ne sera pas "aggravé" comme le demandait le parquet - vise les dépassements d'autorisation d'engagements, le "faux" les faux documents utilisés pour masquer l'absence de couverture de risque et le reste concerne l'usage de codes informatiques qu'il n'avait pas le droit de détenir.

UNE PRIME DE 300.000 EUROS

En marge de l'audition, les avocats de Kerviel ont critiqué devant les journalistes la plainte de la banque, car selon eux les pratiques d'engagement des traders au-delà des autorisations théoriques étaient connues et tolérées de la direction.

Ils en veulent pour preuve que Jérôme Kerviel affirme qu'il devait toucher une prime de 300.000 euros au titre de ses gains au profit de la banque pour 2007. Les avocats vont maintenant demander l'audition de tous les responsables de la banque.

Sans aller jusqu'à parler de démission, Nicolas Sarkozy a jugé lundi que le P-DG de la Société générale Daniel Bouton, dont l'offre de départ a été refusée par le conseil d'administration de la banque, devait prendre ses responsabilités.

"Je n'aime pas porter un jugement personnel sur les gens, surtout lorsqu'ils sont dans la difficulté, mais (...) quand on a une forte rémunération, ce qui était sans doute légitime, et qu'il y a un fort problème, on ne peut pas s'exonérer de responsabilités", a déclaré le chef de l'Etat en marge d'un déplacement dans une université à Orsay (Essonne).

L'action Société générale a encore perdu 3,82% à 71,05 euros à la Bourse de Paris, portant ses pertes à 28,5% depuis le début de l'année et à 56% depuis son plus haut du 20 avril 2007.

Le procureur a révélé que le marché des dérivés Eurex, sur lequel Kerviel avait pris d'importantes positions, avait alerté la Société générale en novembre dernier des agissements du trader, qui aurait alors produit un faux document censer attester de la couverture du risque.

Selon le magistrat, le jeune homme a dit aux policiers avoir agi seul depuis deux ans, investissant au-delà des autorisations et dissimulant ses actions. Il a assuré avoir été animé par un souci strictement professionnel et affirmé que d'autres traders faisaient la même chose à la Société générale.

"Il espérait apparaître comme un trader d'exception, un anticipateur de marchés", a ajouté Jean-Claude Marin.

PARI PRESQUE GAGNÉ

Le magistrat a confirmé que Jérôme Kerviel avait opéré sur des contrats à terme liés à des indices boursiers européens et qu'il avait failli gagner son pari. De fait, ses positions astronomiques de 50 milliards d'euros - l'équivalent du PIB du Maroc - avaient virtuellement fait gagner 1,4 milliard d'euros à la banque au 31 décembre 2007, et elles étaient encore créditrices trois jours avant sa liquidation.

Me Christian Charrière-Bournazel fait ainsi valoir que c'est la Société générale qui a matérialisé la perte en décidant de liquider les positions en début de semaine dernière, alors que les marchés étaient en train de chuter.

Christian Noyer, le gouverneur de la Banque de France, a défendu l'attitude de la Société générale en expliquant que l'établissement avait eu raison de liquider sans attendre la position frauduleuse dès lors qu'elle avait été découverte.

"La position était de 50 milliards. A partir du moment où le président (de la banque) connaissait cette position, cela devenait sa position", a-t-il expliqué.

"Cette décision est probablement la seule qui pouvait être prise pour s'assurer que l'établissement ne courrait pas aussi longtemps un risque dramatique", a-t-il ajouté.

La ministre de l'Economie Christine Lagarde a précisé qu'elle remettrait vendredi au Premier ministre François Fillon le rapport qu'il lui a demandé sur l'affaire.
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Re: Valse à la Société Générale...
Reply #13 - 29.01.2008 at 12:46:07
 
Société générale: de nouveaux soupçons de délits d'initié

Un administrateur a vendu pour 40 millions d’euros d’actions de la Société générale le 18 janvier, quelques heures à peine avant la chute des cours. Une association d'actionnaires porte plainte.

Les révélations se succèdent à la Société générale, accentuant la suspicion sur d’éventuels délits d’initiés. L’AMF, dans un avis, indique que Robert A. Day, membre du conseil d’administration de la banque, a cédé pour plus de 40,5 millions d’euros d’actions le 18 janvier, au prix de 90,04 euros par action. Le jour même, le cours de l'action chutait de 8% alors que commençait à circuler les premières rumeurs sur l'ampleur des pertes de la banque française.

Par ailleurs, une fondation à laquelle il est «lié», selon l’AMF, la Robert A. Day Foundation, a vendu à la même date pour 4,5 millions d’euros. L’Association des actionnaires minoritaires (Adam) devrait déposer plainte dans la journée pour «délit d’initié» et «informations trompeuses» dans l’affaire de la Société Générale.

Plaintes en série

D'autres soupçons pèsent sur les agissements de Robert Day. Lundi déjà, l’avocat d’une centaine d’actionnaires de la Société Générale avait annoncé avoir déposé une plainte contre X auprès du procureur de Paris pour «manipulation de cours» et «délit d’initié». Ce même administrateur avait déjà vendu pour 85,7 millions d’euros d’actions de la Société générale le 9 janvier, révélait l'AMF. De plus, le 10 janvier, la Robert A. Day Foundation et la Kelly Day Foundation, une autre fondation à laquelle est lié l’administrateur, avaient respectivement cédé pour 8,63 millions d’euros et 959.066 euros d’actions. Une autre association, l’Association des petits porteurs actifs (APPAC), avait alors à son tour demandé l’ouverture d’une information judiciaire pour «délit d’initié».

«L'administrateur n'était pas informé», selon la banque

L’intéressé, «comme les autres membres du conseil, n’était pas informé des pertes de trading» de Jérôme Kerviel avant la cession de ses actions, a indiqué mardi la banque dans un communiqué. Elle ajoute qu’ils n’étaient pas non plus informés que des dépréciations supplémentaires liées aux «subprimes» – les crédits hypothécaires à risque – seraient annoncées pour un montant de 2 milliards d’euros. Car «ces dépréciations et pertes ont été communiquées au conseil le 20 janvier».

Robert Day, 754e homme le plus riche du monde

Robert Day, 64 ans, de nationalité américaine, est administrateur de la banque depuis 2002. Son mandat, renouvelé en 2006, expire en 2010. Fondateur en 1971 à Los Angeles de la Trust Company of the West (TCW), groupe de gestion d’actifs financiers, il en avait revendu à Société Générale Asset Management 51% en 2001, pour 880 millions de dollars en actions soit 3,3% du capital de la Société Générale à l’époque.
Le magazine Forbes classait en août Robert Day à la 754e place des personnes les plus riches du monde
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Re: Valse à la Société Générale...
Reply #14 - 29.01.2008 at 16:00:59
 
L'enquête sur la Société générale prend une nouvelle tournure

La remise en liberté de Jérôme Kerviel et l'abandon de l'incrimination d'escroquerie ouvrent de nouvelles perspectives à l'enquête judiciaire visant la perte de 4,9 milliards d'euros que la Société générale impute à son trader.

Le jeune homme devrait être convoqué rapidement par les juges d'instruction Renaud Van Ruymbeke et Françoise Desset pour un interrogatoire complet sur les faits qualifiés de "faux et usage de faux, abus de confiance, introduction dans un système automatisé de données".

Le jeune homme se tient à l'écart de la presse, dit son avocate. "Il était conscient du risque qui pesait sur ses épaules et était très ému (quand il a appris sa remise en liberté-NDLR). Il est complètement écrasé par la médiatisation de cette affaire", a dit mardi à des journalistes Me Elisabeth Meyer, son avocate.

Des auditions beaucoup plus larges dans la banque sont jugées "inévitables" par une source judiciaire. La Société générale s'est constituée partie civile mardi dans l'instruction, a dit son avocat Jean Veil.

L'appel sur la remise en liberté du trader déposé par le parquet devrait être examiné dans un délai de quinze jours à un mois par la chambre de l'instruction, dit-on au parquet général de Paris. Le suspect a dû remettre son passeport.

Le procureur Jean-Claude Marin, qui disait vouloir éviter une fuite, des pressions et "protéger" le jeune homme d'un accès de désespoir, n'a pas jugé utile de recourir à la procédure de référé, qui aurait permis un examen en quelques jours.

"Cette décision de remise en liberté n'est pas illégitime, Jérôme Kerviel s'étant présenté spontanément aux policiers et ne fuyant pas ses responsabilités", a déclaré à Reuters un haut magistrat ayant requis l'anonymat.

Le magistrat n'a pas en revanche fait appel du refus du juge Van Ruymbeke de retenir la "tentative d'escroquerie" et "l'abus de confiance aggravé "que l'accusation souhaitait imputer au trader, un abandon de charges jugé symboliquement comme juridiquement important dans les milieux judiciaires.

En effet, l'abus de confiance aggravé est passible de sept ans de prison et la tentative d'escroquerie de cinq ans de prison. L'abus de confiance simple étant finalement retenu, Jérôme Kerviel n'encourt plus que trois ans de prison et 375.000 euros d'amende au maximum.

Symboliquement, l'aspect prétendument crapuleux de l'affaire, mis en avant par la Société générale qui parle depuis la révélation des faits de "fraude", disparait.

CONTRE-ATTAQUE

Les avocats de Jérôme Kerviel ont lancé la contre-attaque, dénonçant en marge de l'audition de leur client une "chasse à l'homme" lancée selon eux par la banque.

Ils estiment que la Société générale a cherché à masquer ses responsabilités dans l'affaire. Jérôme Kerviel a expliqué aux policiers que d'autres traders avaient la même pratique que la sienne, dépasser les engagements autorisés en théorie et prise de risques en principe illicite dans l'espoir de réaliser des gains extraordinaires.

Le trader n'a cependant livré aucun nom de collègue aux enquêteurs mais simplement fait état d'une pratique générale, précise-t-on de source judiciaire. Son affirmation est jugée plausible par un haut magistrat proche du dossier.

"Il l'explique alors qu'il ne cherche pas à fuir ses propres responsabilités, et le métier de trader est fait de flair et d'hyperréactivité", a dit ce magistrat à Reuters.

Jérôme Kerviel assure que la direction de la banque fermait les yeux sur ces pratiques. Il explique d'ailleurs avoir procédé de la sorte depuis novembre 2005.

Il a fait aussi état d'une prime exceptionnelle de 300.000 euros que lui avait promis la direction pour récompenser ses résultats de 2007.

Officiellement, dit-il aux policiers, ses supérieurs récompensaient ainsi les gains "réguliers" réalisés suivant les modes opératoires classiques - qui s'élevaient d'ailleurs à 55 millions d'euros pour 2007, selon le dossier - mais la réalité serait plus complexe selon les déclarations du jeune homme.

Le trader a laissé entendre que la direction de la banque connaissait et récompensait ses positions prises de manière illicite, avec dépassements d'engagements, absence de couverture du risque et faux documents maquillant l'ensemble. Ils étaient créditeurs au 31 décembre 2007 de 1,4 milliards d'euros, a dit lundi le procureur.

Par ailleurs, les avocats soulignent que c'est la banque qui a provoqué la perte de 4,9 milliards d'euros en liquidant entre le 21 et le 23 janvier, en plein "krach" boursier mondial, les positions prises pour un montant astronomique de 50 milliards d'euros. Le dossier judiciaire montre que ces positions étaient encore potentiellement bénéficiaires le 18 janvier.
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